L’Art Pauvre, de plus en plus cher par Artprice

Il y a bientôt 50 ans que le critique d’art Germano Celant inventa le terme Arte Povera, mais le succès que connaît ce mouvement artistique – tant sur la scène culturelle que sur le Marché de l’Art – n’a jamais été aussi vibrant. Mouvement né en Italie à la fin des années ’60, à une époque où émerge également l’Art Conceptuel et le Land Art (avec lesquels il partage une évidente philosophie), l’Arte Povera rassemble des approches plastiques diverses et variées mais toujours placées sous les signes de la poésie et de la simplicité ; une proposition qui semble aller à l’encontre des tendances actuelles, à l’encontre d’un art contemporain souvent provocateur, flamboyant… et pourtant l’Arte Povera rencontre un incontestable triomphe.

Bâti sur l’apport des Futuristes, et s’imprégnant du travail de Lucio Fontana et d’Alberto Burri, l’Arte Povera a toujours joui d’une nette reconnaissance pour son rôle joué dans l’Histoire de l’Art au Xxème siècle. Seulement, de par la large proportion d’installations et la précarité des matériaux utilisés, les œuvres de l’Arte Povera se prêtent assez mal aux échanges. Désormais, l’appétit des collectionneurs est pourtant tel que les grandes signatures de ce mouvement affolent les enchères.

Evolution du produit des ventes aux enchères Michelangelo Pistoletto Vs. Alighiero Boetti

Symbolisant ce succès, deux membres de l’Arte Povera font à présent partie des 100 artistes les plus performants sur le second marché : Michelangelo Pistoletto (1933) et Alighiero Boetti (1940-1994). Tandis que la cote du premier affiche une progression exponentielle, celle du second a connu plusieurs fluctuations au cours des dix dernières années. L’inconstance de la demande pour le travail de Boetti s’observe à travers la volatilité des prix de ses œuvres. Ainsi, l’exemple d’une tapisserie de la série Mappa (1983/84), vendue trois fois aux enchères sur les 5 dernières années, fait clairement apparaître l’instabilité de sa cote.

Evolution du prix de Mappa (1983/84) d’Alighiero Boetti

De façon générale, l’Arte Povera s’impose néanmoins sur le long terme. Aujourd’hui la personnalité de Jannis Kounellis (1936) est particulièrement remise en avant. L’artiste bénéficiait entre autres d’une très belle exposition à la Monnaie de Paris en ce début d’année.

Giovanni Anselmo (1934) – lui aussi récemment exposé en France, au MAMC de Saint-Etienne – voit également sa cote s’envoler, comme l’illustre un nouveau record personnel à 6,4 m$, établit par la vente de Torsione (1968) le 13 mai 2015 chez Christie’s New York. Une autre sculpture intitulée Torsione, en tout point similaire à celle-ci – de par ses dimensions, ses matériaux et son année de création -, avait été cédée pour seulement 443 000$, dix ans plus tôt, chez Sotheby’s Paris… soit 14 fois moins chère.

Un Art Pauvre
Du 8 juin au 29 août 2016
Centre Pompidou, Paris

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