Marché de l’Art : Une vente haute en couleurs chez Sotheby’s par Artprice

Ce 9 mai à New York, pour sa session printanière d’Art Impressionniste et Moderne, Sotheby’s fait la part belle aux fauves, aux nabis, aux pointillistes : à ces artistes qui, au passage du XIXème au XXème siècle, ont fait de la peinture une explosion de couleurs, et particulièrement de couleurs chaudes.

Cette année, le catalogue de Sotheby’s se démarque profondément de celui de sa grande rivale Christie’s, qui réunit des œuvres fortes, solennelles, auxquelles le marché accorde toujours sa préférence mais qui donnent une opinion un peu grave de cette période charnière dans l’Histoire de l’Art. Pendant que Christie’s met en vente l’une des versions du Bassin aux nymphéas (1919) de Claude Monet, ainsi que l’un de ses paysages nuageux du Petit-Gennevilliers (1874), Sotheby’s a rassemblé trois toiles baignées de soleil du grand maître.

Claude Monet [1840 – 1926] Marée basse aux petites-dalles, 1884 Huile sur toile (60 x 73 cm) Estimation : 3 000 000 $ – 5 000 000 $

De façon générale, l’humeur de cette vente est à l’image des deux chefs-d’œuvre fauves qui la couronnent : les Voiles rouges (1906) d’André Derain et le Sous-bois (1905) de Maurice de Vlaminck chantent un monde radieux, une nature onirique et bienveillante. Ce sentiment perdure tout au long du catalogue avec les toiles de Signac, Pissarro, Sisley, et culmine avec Les oliviers à cavalière (1906) d’Henri Manguin. Cette pièce acquise pour 880 000 $ chez Christie’s en 2007 est estimée entre 1 m$ et 1,5 m$ par Sotheby’s. Elle devrait établir un nouveau record largement mérité pour ce peintre, et pourrait même s’envoler bien au-delà des estimations.

Paul Signac [1863 – 1935] Maisons du port, Saint-Tropez, 1892 Huile sur toile (46,5 x 55,3 cm) Estimation : 8 000 000 $ – 12 000 000 $

Avec les 62 lots proposés lors de cette vente du soir, Sotheby’s retrouve la douceur (souvent oubliée) de cette époque, en combinant des œuvres fantasmagoriques de René Magritte, Francis Picabia et Marc Chagall, de touchants portraits réalisés par Pablo Picasso, Auguste Renoir ou Egon Schiele, des nus de Pierre Bonnard, d’Edvard Munch et de Kees van Dongen, ainsi que plusieurs statues, plus ou moins sensuelles, signées Aristide Maillol, Henry Moore, Edgar Degas, et parfois même presque obscènes comme l’Iris, messagère des dieux (1890-91) d’Auguste Rodin. Seulement, au milieu de toutes les couleurs, même celle-ci paraît innocente.

Egon Schiele [1890 – 1918] Frau in Unterwäsche und Strümpfen, 1913 Gouache, aquarelle et crayon sur papier (47,6 x 30,6 cm) Estimation : 2 500 000 $ – 3 500 000 $

Auguste Rodin [1840 – 1917] Iris, messagère des dieux, 1963 Bronze (hauteur 95,5 cm) Estimation : 2 500 000 $ – 3 500 000 $

A travers cette très belle vente, Sotheby’s propose d’inverser subtilement la tendance du Marché, qui consiste à intégrer quelques œuvres colorées seulement, dans les grandes ventes abondamment austères d’Art Impressionniste et Moderne. Ici domine une collection d’œuvres légères, si bien que celles qui le sont un peu moins semblent partager leur vie. Sotheby’s ne rassemble pas les pièces les plus rares mais la fraîcheur de cette vente pourrait bien exalter les enchères.

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