Marché de l’Art : De beaux résultats pour Sotheby’s à Hong Kong par Artprice

Essentielle, la place de marché hongkongaise est la deuxième puissance d’Asie, après Pékin. Elle représente en effet près de 24 % des parts de marché de la Grande Chine. Dans un contexte économique délicat pour le marché de l’art en Chine, elle se trouve être la seule place de marché résistant bien à la crise, la seule à augmenter ses performances aux enchères l’an dernier (Hong Kong gagne +8% de recettes annuelles en 2015, lorsque celles de Pékin chutent de 33%). La recette du succès tient notamment au repositionnement stratégique des sociétés de ventes officiant sur place, lesquelles ont élargi leur offre aux artistes japonais, coréens et d’Asie du Sud-Est. L’internationalisation reste la clef de la réussite, et Hong Kong séduit toujours les acteurs occidentaux et panasiatiques du marché (rappelons que la société française Artcurial a commencé à y organiser des ventes en 2015). Les succès s’enchaînent, notamment du côté de Sotheby’s.

Le mois d’avril est l’un des temps forts du marché hongkongais, Sotheby’s ayant pris l’habitude de rassembler ses grandes ventes dédiées à la création asiatique au début du mois (un autre temps fort étant le mois d’octobre). Entre le 3 et le 5 avril 2016, Sotheby’s a donné pas moins de six sessions, pour un résultat global de 196,8 m$. Dans le but d’élargir son panel d’enchérisseurs, la société américaine a notamment intégré à sa vente d’art moderne et contemporain asiatique un volet intitulé « Travail au pinceau, l’Asie et le monde » (Brushwork. From Asia to The World), soit une sélection bien sentie de 20 œuvres abstraites rassemblant des artistes asiatiques, européens et américains. L’essai fut couronné de succès, avec 100% des lots vendus, pour un résultat global de 8 m$, surpassant les estimations hautes initiales. Et de nouveaux records sont tombés : pour le calligraphe Japonais Shiryu MORITA (avec Kame, vendue 96 750 $), le peintre et sculpteur, lui-aussi Japonais, Sofu TESHIGAHARA (avec Setsugetsu Ka – Snow Moon Flower, vendue 56 000 $) et l’artiste Coréen In-Sik QUAC (avec Work 63, vendue 137 000 $).

Un autre record important est à signaler dans cette semaine de ventes, car Tsuguharu FOUJITA passe désormais les 5 m$, grâce à un magnifique Nu au chat de 1930, acheté par le Long Museum de Shanghai (musée privé fondé par Liu Yiqian et Wang Wei). Ce record est d’autant plus important qu’il permet aux œuvres de Foujita de renouer avec les sommets des années 1989-1990, époque faste où les investisseurs Japonais soutenaient leurs compatriotes avec une vigueur financière sans précédent. Le marché de Foujita prend là un nouvel élan, un élan destiné à être relayé sur les places de marché occidentales. Car Foujita, Français d’origine Japonaise, est apprécié partout en Europe, en Suisse et aux Etats-Unis. Jusqu’alors, Paris était l’épicentre de son marché (31% de son chiffre d’affaires sur les 10 dernières années), suivie par New York (avec 19% de parts). Mais avec ce record, la Chine commence à devenir une référence pour la vente et l’exposition des œuvres de l’artiste. Ce réveil est un signe encourageant pour l’ensemble du marché de Foujita.

Cette semaine de ventes aurait laissé un goût amer si elle avait exclu les artistes Chinois des palmarès. Ce n’est pas le cas, car l’artiste Huaiqing WANG (né en 1944) augmente de 3 m$ son précédent sommet. Il culmine désormais à 7 m$ avec sa grande huile sur toile Feet 2, achevée en 1999. Autre record mondial important est enregistré pour le contemporain Wei LIU (né en 1965). Son triptyque à l’huile sur toile, The Revolutionary Family Series, est parti pour 5 m$. Enfin, le peintre Dayu WU (1903-1988) passe pour la première fois les 2 m$ avec une huile sur toile abstraite du début des années 1980, une œuvre exposée au Musée national de Taiwan en 2001, désormais entre les mains d’un collectionneur privé asiatique. L’oeuvre de Wu Dayu connait une forte demande depuis l’année dernière, année au cours de laquelle ses résultats d’enchères ont tout simplement doublé.

Les prochaines grandes cessions de ventes d’art hongkongaises sont annoncées pour la fin du mois de mai. Christie’s prendra le relai de sa concurrente avec de l’art asiatique du XXème siècle et contemporain, ainsi que des travaux contemporains à l’encre. Ce dernier volet trouvant des échos particulièrement favorables aux enchères depuis deux ou trois ans, de nouveaux records pourraient encore être signés.

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