Artprice : rapport annuel exclusif sur le marché mondial de la photographie pour Paris Photo

Artprice présente son 18ème rapport annuel exclusif sur le marché mondial de la photographie à l’occasion de Paris Photo, incluant le Top 200.

La 19ème édition de Paris Photo, première foire mondiale de la photographie, se tiendra du 12 au 15 novembre au Grand Palais. 172 galeries, venues de 34 pays à travers le monde, rassembleront dans la grande nef parisienne plusieurs milliers de clichés.

Cette foire se veut un événement bien plus excitant que la FIAC elle-même, en s’adressant à un spectre beaucoup plus large d’acheteurs potentiels. Médium globalement plus abordable que la peinture, la sculpture ou même le dessin, la photographie touche un nombre très important de collectionneurs depuis qu’elle s’est véritablement imposée comme une discipline des Beaux-Arts à part entière.

La frénésie qui accompagne la vente d’une oeuvre unique se trouve naturellement adoucie lorsqu’il s’agit d’un tirage en 3, 10 ou vingt exemplaires. La qualité de l’oeuvre n’est pas affectée pour autant, mais l’acquéreur doit entendre la notion de partage.

Aujourd’hui, il existe des œuvres photographiques dont chaque exemplaire se négocie plusieurs millions d’euros. Le marché a mis longtemps à voir de telles sommes déboursées pour ce médium, mais celles-ci deviennent de plus en plus fréquentes. D’abord réservées à des clichés historiques, introuvables, vestiges de la naissance d’un nouveau procédé, les meilleures enchères récompensent à présent les travaux d’artistes contemporains avant tout autre. La photographie a aussi permis aux artistes performeurs de figer par la photographie une performance artistique qui par nature est éphémère et ainsi entrer sur le marché de l’art. De même, certaines sculptures et installations, bien évidemment inabordables pour les jeunes collectionneurs du fait de leur prix mais aussi de leur format, se métamorphosent en photographie.

Artprice, leader mondial de l’information sur le Marché de l’Art, revient sur l’essor du marché de la photographie.

Chiffres clés de la photographie :

 – L’indice des prix de la photographie a progressé de +48% entre 2000 et 2015

– La photographie pèse 1% du produit des ventes Fine Art (1er semestre 2015)

– Sur la première moitié de 2015, la moitié des œuvres ont été adjugées en dessous de 1 560$

– La moyenne pour une photographie aux enchères est de 10 000$, contre 60 000$ pour la peinture

– Les USA enregistrent plus de la moitié des recettes en ventes publiques pour ce médium (54%)

– La Chine, seconde puissance du Marché de l’Art, seulement 1,2%

– Le record en ventes publiques est de 9,4m$ (The New Jeff Koons (1980))

20 artistes seulement ont dépassé 1m$ en salles de ventes

– A. Gursky, C. Sherman et R. Prince pèsent à eux trois 25% du produit des ventes

Indice des prix de la photographie
Janvier 1998 – octobre 2015

Indice des prix de la photographie Janvier 1998 – octobre 2015

Indice des prix de la photographie Janvier 1998 – octobre 2015

 

Globalement, sur les 15 dernières années, l’indice des prix de ce médium a augmenté de +48%, tandis que celui du marché Fine Art a pris +36% dans son ensemble. La photographie constitue donc un meilleur placement que les autres catégories d’art sur la première partie du XXIème siècle. Le Marché de l’Art est très sensible au Marché de la Photographie car d’un point de vue sociologique il permet à une clientèle de collectionneurs jeunes et peu fortunés d’accéder plus rapidement au Marché de l’Art.

Les ventes de photographies ont connu une croissance remarquable au début des années 2000, bien supérieure au reste du Marché Fine Art. Aux enchères publiques, le prix d’un tirage photographique a en effet presque triplé en l’espace de dix ans. La crise financière des subprimes a toutefois touché ce secteur au même titre que les autres : les prix ont chuté de -36% en l’espace de 18 mois (entre janvier 2008 et juillet 2009).

Stables depuis lors, les achats se sont de nouveau montrés plus généreux sur la première moitié de l’année 2015 alors que l’ensemble du marché subissait un certain ralentissement, en grande partie expliqué par un ajustement en Chine (voir le rapport semestriel Artprice 2015). Heureusement, le marché asiatique reste très peu friand de la photographie.

Répartition géographique du produit des ventes aux enchères publiques de photographies
Premier semestre 2015

Répartition géographique du produit des ventes aux enchères publiques de photographies Premier semestre 2015

Répartition géographique du produit des ventes aux enchères publiques de photographies Premier semestre 2015

Largement conduit par les deux puissances anglo-saxonnes, le marché de la photographie est presque inexistant en Chine. Seulement 1,2% du produit des ventes publiques de photographies a été enregistré en République Populaire de Chine (Hong Kong inclus), au cours du premier semestre 2015. Ce pays représente pourtant 26% du Marché Fine Art global sur la même période, le deuxième marché derrière les USA (38%).

La France, qui connaît une lente descente aux enfers sur le Marché de l’Art mondial (inférieur à 3% de marché mondial du Fine Art), reste la troisième plus grande place de marché pour ce médium, avec 9%, d’où l’importance de Paris Photo pour maintenir la France sur le Marché de l’Art. La photographie continue en effet d’entretenir un lien privilégié avec sa patrie d’origine, son pays de naissance. Châlon-sur-Saône, Louis Daguerre, Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson : autant de noms qui lient à jamais le huitième art à la France. Et ce n’est certainement pas une coïncidence si les grands maîtres, à l’instar de Man Ray, Edward Steichen, Brassaï ou encore André Kertèsz, se sont rendus en pèlerinage dans l’Hexagone et s’y sont si souvent installés. Chacune de ces grandes signatures continue d’être très appréciée par les collectionneurs français.

Répartition par médium du produit des ventes aux enchères publiques de photographie
Premier semestre 2015

Répartition par médium du produit des ventes aux enchères publiques de photographie Premier semestre 2015

Répartition par médium du produit des ventes aux enchères publiques de photographie Premier semestre 2015

 

La photographie est toujours l’un des médiums les moins présents en salles de ventes. En termes de lots vendus, celui-ci représente seulement 4% du Marché Fine Art. En termes de produit des ventes, il ne pèse que 1% : les 73m$ d’adjudications, enregistrés sur le premier semestre 2015, se noient en effet dans les 7,1Mrd$ de Fine Art adjugés aux enchères sur la même période. Ces chiffres corroborent ceux de 2014 : 180m$ pour la photographie, pour 13Mrd$ de Fine Art aux enchères.

Puisque chaque cliché est généralement tiré en plusieurs exemplaires, il est naturel que le prix moyen d’un lot photographique soit inférieur à celui d’une oeuvre originale. En effet, tandis qu’au cours de la première moitié de l’année 2015, il fallait débourser en moyenne 60 000$ pour toile, 47 000$ pour une sculpture, et même 25 000$ pour un dessin, le prix intermédiaire d’adjudication pour une photographie tombait à 10 000$ en salles de ventes.

Néanmoins, la moitié des œuvres ont été adjugées pour un montant inférieur à 1 560$ et 4 lots sur 5 (80%) ont été acquis pour des enchères inférieures à 7 000$ !

Evolution du record pour une photographie aux enchères publiques
Janvier 1998 – octobre 2015

Evolution du record pour une photographie aux enchères publiques Janvier 1998 – octobre 2015

Evolution du record pour une photographie aux enchères publiques Janvier 1998 – octobre 2015

Très longtemps, la photographie est restée mal appréciée par le Marché. Jusqu’à l’année 2005, aucun cliché n’avait jamais dépassé le million de dollars aux enchères. A l’inverse, le record pour une peinture était déjà de 104m$ (Picasso : Le garçon à la pipe (1905)), celui d’une sculpture 18m$ (Brancusi : Danaïde (1913)) et le record pour un dessin s’élevait à 28m$ (Degas : Danseuse au repos (1879)). Même une sérigraphie de Pablo Picasso (La minotauromachie (1935)) avait dépassé le seuil symbolique en 1990 : 2,4m$. Un daguerréotype de Philibert GIRAULT DE PRANGEY de 1842 avait frôlé le seuil symbolique en mai 2003 : 923 000$ chez Christie’s à Londres.

Les années suivantes devaient assister à la croissance des prix de la photographie. Le 12 octobre 2005, un ensemble de photographies d’Edward S. Curtis a été acquis 1,4m$ (plus de deux fois l’estimation haute) chez Christie’s à New York. En février 2007, le diptyque 99 cents II d’Andreas Gursky a dépassé les 3m$. Enfin, en mai 2013, une photographie de Jeff Koons, intitulée The New Jeff Koons, a été acquise plus de 9m$. Cet exploit est cependant tout à fait exceptionnel, récompensant une œuvre unique de l’artiste. Les autres clichés du plasticien américain n’ont jamais dépassé les 100 000$.

Classement des photographes par nombre d’enchères millionnaires (frais inclus)
Pour chacun d’entre eux, le record d’adjudication est précisé

Classement des photographes par nombre d'enchères millionnaires (frais inclus)

Classement des photographes par nombre d’enchères millionnaires (frais inclus)

Vingt artistes seulement comptent au moins une enchère supérieure au million de dollars, dont la moitié, chose remarquable, est constituée d’artistes contemporains (nés après 1945). Les grands noms du photojournalisme sont de toute évidence absents : Robert Capa, Henri Cartier-Bresson ou encore Robert Doisneau manquent au sein de cette liste. En vérité les photographes les plus appréciés sont des plasticiens actuels. Leurs œuvres les plus recherchées sont celles de très grande taille, des formats qui n’étaient pas exploités par les premiers photographes. Actuellement, il semble que plus le tirage est grand et plus il est valorisé par le marché. Est-ce un hasard en effet si en 1999, Andreas Gursky a fait agrandir sa photographie du Rhin, et que « Rhein II » (207 x 385,5 cm) est à présent estimée deux fois plus chère que la précédente version… plus petite ? Les trois grands photographes contemporains : Andreas Gursky, Cindy Sherman et Richard Prince comptent près de deux-tiers de toutes les enchères millionnaires enregistrées pour ce médium. Ils forment un cercle très fermé et eux seuls peuvent véritablement prétendre rivaliser avec les grands peintres en termes de prix. Leurs travaux figurent dans toutes les grandes collections d’art contemporain, au même titre que les toiles de Gerhard Richter ou les sculptures d’Anish Kapoor.

Evolution du total d’adjudications pour la photographie 1998 – 2014

Evolution du total d'adjudications pour la photographie 1998 - 2014

Evolution du total d’adjudications pour la photographie 1998 – 2014

Le marché de la photographie a connu son année la plus faste en 2014. Avec 180m$ de lots adjugés, il retrouve enfin la santé qui était la sienne en 2007, avant la crise financière. Artprice considère l’année 2015 comme particulièrement favorable pour la photographie. Les trois photographes les plus performants en salles de ventes comptent pour une partie significative de cette productivité. En 2014, ils accaparaient à eux trois 25% des recettes de la photographie en ventes publiques : 44m$ !

Répartition par gamme de prix des ventes aux enchères publiques de photographies Premier semestre 2015

Répartition par gamme de prix des ventes aux enchères publiques de photographies Premier semestre 2015

Répartition par gamme de prix des ventes aux enchères publiques de photographies Premier semestre 2015

Ce médium est cependant le plus abordable de tous. Avec seulement 11 lots photographiques adjugés plus d’un million de dollars sur les six premiers mois de cette année, il reste le moins haut de gamme de tous. Plus d’un quart des transactions en salles de ventes publiques ont été réalisées pour moins de 1 000$. La moitié des œuvres ont été adjugées pour un montant inférieur à 1 560$ et 4 lots sur 5 (80%) ont été acquis pour des enchères inférieures à 7 000$ ! Conclusion Moins de deux siècles après son invention par Nicéphore Niépce (en 1827), la photographie s’impose enfin comme un médium a part entière sur le Marché de l’Art. Bien qu’il ne compte encore que 4% des lots vendus, et pèse seulement 1% du produit des ventes, ce marché montre des marqueurs importants d’acceptation. Le Marché de l’Art est très sensible au Marché de la Photographie car d’un point de vue sociologique il permet à une clientèle de collectionneurs jeunes et peu fortunés d’accéder plus rapidement au Marché de l’Art. Il aura bien sûr fallu attendre que les intellectuels l’approuvent (dont Walter Benjamin et Roland Barthes), que de grands maîtres explorent les possibilités de ce nouveau procédé (Alfred Stieglitz, Man Ray, etc), que les photo-reporters rendent cet art populaire (Robert Doisneau, Dorothea Lange, etc) et que la mode la rende glamour (Edward Steichen, Helmut Newton, etc) pour que la photographie acquière ses lettres de noblesse. Mais aujourd’hui, les grands photographes n’ont plus rien à envier aux sculpteurs ou aux peintres. Les prochaines années verront très probablement l’ultime consécration de la nouvelle génération : Hiroshi Sugimoto, Thomas Struth, Philip-Lorca DiCorcia, Jeff Wall ou Piotr Uklansky. Enfin, le débat qui depuis près de 30 ans vise à qualifier ou non la photographie de presse de photographie d’art a été tranché majoritairement en faveur de l’œuvre d’art. Désormais de nombreux photographes assument dans leur biographie un passage par la photographie de presse qui s’insère parfaitement dans leurs travaux artistiques. De grandes agences de presse photo, notoirement et nommément connues, ont parfaitement intégré cette dimension dans les relations contractuelles avec leurs reporters et/ou leurs membres sociétaires.

Top 200 des photographes les plus performants en salles de ventes – Frais inclus (Juillet 2014 – Juin 2015)

Top 200 des photographes les plus performants en salles de ventes – Frais inclus (Juillet 2014 – Juin 2015)

Top 200 des photographes les plus performants en salles de ventes – Frais inclus (Juillet 2014 – Juin 2015)

Top 200 des photographes les plus performants en salles de ventes – Frais inclus (Juillet 2014 – Juin 2015)

Top 200 des photographes les plus performants en salles de ventes – Frais inclus (Juillet 2014 – Juin 2015)

Top 200 des photographes les plus performants en salles de ventes – Frais inclus (Juillet 2014 – Juin 2015)

Top 200 des photographes les plus performants en salles de ventes – Frais inclus (Juillet 2014 – Juin 2015)

Top 200 des photographes les plus performants en salles de ventes – Frais inclus (Juillet 2014 – Juin 2015)

Top 200 des photographes les plus performants en salles de ventes – Frais inclus (Juillet 2014 – Juin 2015)

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