Bouvier, Rybolovlev : Comprendre le secret des Ports Francs avec le rapport mondial du Marché de l’Art d’Artprice – itw Bouvier

dollar euro pour port franc

Ports francs et logique du marché de l’art

Le développement du Marché de l’Art ainsi que l’explosion du nombre de foires et d’expositions à travers le monde impliquent une circulation plus dense et plus rapide des œuvres. Or les frais de transports, auxquels s’ajoutent encore diverses taxes internationales, peuvent freiner considérablement ces mouvements. L’une des réponses à ces obstacles : le port franc.

Principe et avantages

Devenu un outil incontournable du négoce et du stockage d’actifs en tous genres, le port franc est une zone portuaire dans laquelle des biens sont chargés, déchargés et manutentionnés sous contrôle des services des douanes mais exemptés de nombreuses taxes. Durant son transit, une œuvre peut en effet changer plusieurs fois de propriétaire tandis que seul l’acquéreur final paiera les taxes dues dans le pays de destination. Pour être clair, le port franc est l’amorçage de la financiarisation du Marché de l’Art. En effet, la même œuvre en restant sédentaire peut changer une multitude de fois de mains, au même titre que les marchés dérivés.

Le port franc est donc principalement un outil financier nécessaire à la dématérialisation du Marché de l’Art et constitue un séquestre juridique incontestable tant vis-à-vis des acteurs du Marché de l’Art que des autorités fiscales. La croissance exponentielle des ports francs est bel et bien la démonstration que le Marché de l’Art au XXIème siècle devient un marché efficient global et liquide.

Éviter de nombreuses dépenses en ne les payant que lors de la sortie définitive de l’œuvre constitue la principale attractivité des ports francs. Il existe cependant bien d’autres arguments en leur faveur, parmi lesquels : des frais d’assurance et de stockage relativement faibles, des conditions de sécurité optimales, des showrooms aménagés pour présenter les œuvres dans les meilleures conditions, ainsi que pour les faire expertiser ou restaurer. Enfin, la confidentialité et la discrétion dont jouissent généralement ces zones restent des qualités extrêmement appréciées. Si bien que ces entrepôts sont de plus en plus fréquemment utilisés par les collectionneurs, galeristes, marchands, courtiers mais aussi par de nombreux musées.

Genève, le plus grand port franc du monde pour l’art

Propriété à 86% du canton, le port franc genevois se déploie sur 150 000 m² . C’est le plus grand port franc du monde pour l’art, avec 40% de sa surface abritant des œuvres. Il contiendrait au total plus d’un million de tableaux et objets d’art (1) . Et ces entrepôts sont amenés à se développer encore dans les prochaines années. Les services qu’ils proposent intéressent toujours plus de clients et les 40 000 m² qui restent constructibles pourront répondre un temps encore à cette demande croissante. Mais depuis 2009, la loi suisse exige un inventaire complet des biens transférés et “toute marchandise entrant ou sortant fait l’objet maintenant d’une déclaration aux douanes (propriétaire, origine et valeur)”(2) .

Développement

Le développement des ports francs suit naturellement celui du Marché de l’Art, et se tourne lui aussi vers l’Asie. C’est ce qu’a bien compris Yves Bouvier, collectionneur et PDG de Natural Le Coultre, le leader des transitaires spécialisés dans les œuvres d’art. Basée à Genève, la société possède des entrepôts au Luxembourg, à Monaco et parie désormais sur l’Asie, avec Singapour tout d’abord, mais aussi Pékin et Shanghai bientôt. Et pour cause : la législation se montre plus souple en Orient, notamment en termes de contrôle et de transparence ; des contraintes qui, en Europe, limitent la confidentialité de ces espaces.

Les nouveaux ports francs

Deux nouveaux ports francs sont apparus en 2014. Celui de Luxembourg (orienté art, capacité de 21 000 m² , avantages fiscaux étendus à la zone Euro) et celui de Pékin (superficie de 120 000 m² , soit 60 terrains de football), : un atout de taille pour le développement du marché chinois, qui continue de décourager bien des importateurs avec ses frais beaucoup trop élevés. Entre Pékin, Singapour (un site ultra-moderne 30 000 m² ouvert en 2010), des projets à Hong Kong et Shanghai, l’Asie développe rapidement son réseau de ports francs, notamment en vue d’abriter des œuvres d’art, ce qui devrait progressivement faciliter leur circulation. Il y a aussi en préparation une dizaine de ports francs, sur les différents continents, qui aboutiront entre 2015 et 2020.

(1) Revue Connaissance des arts, Dans le secret des ports francs, Marie Maertens, janvier 2013.
(2) DP des ports francs de Genève édition 2014

L’intégralité du Rapport Marché de l’Art  mondial 2014 Artprice Artron sera en ligne dès le 3 Mars 2014

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