Marché de l’Art : Teaser n°3 Rapport Marché de l’Art mondial 2014 ARTPRICE & ARTRON

L’année 2014 fut aussi celle d’un autre record saisissant : celui du nombre d’enchères millionnaires. On en compte 1 679, soit quatre fois plus qu’il y a 10 ans. Rappelons qu’il y en eut exactement le même nombre sur les exercices cumulés de 2004, 2005 et 2006. On recense donc aujourd’hui autant d’enchères millionnaires qu’en trois ans au début du millénaire. Les millions se multiplient en nombre mais également en intensité : 116 œuvres furent vendues plus de 10 m$ dans le monde en 2014, une progression de plus de +500% en 10 ans. On en comptait seulement 18 en 2005. Deux artistes chinois et huit occidentaux composent un Top 10 particulièrement performant. Les volumes d’affaires annuels donnent Andy Warhol grand gagnant, qui réalise le meilleur produit des ventes aux enchères de tous les temps : 569 m$. L’icône américaine du pop art surpasse très nettement Pablo Picasso, avec 375 m$ d’adjudication en 2014. Viennent ensuite Francis Bacon (270 m$, soit 74 m$ de plus que l’an dernier), Gerhard Richter (254 m$), Mark Rothko, 5ème avec 249 m$, qui devance Claude Monet (222 m$). Vient ensuite le Chinois Qi Baishi, 7ème mondial (206 m$), puis Alberto Giacometti (205 m$) et Zhang Daqian (193 m$ cette année contre 291 m$ l’an dernier). Enfin l’Américain Jeff Koons vient clore ce classement, avec plus de 149 m$ d’œuvres vendues cette année. Le Top 10 récompense donc deux artistes vivants et témoigne ainsi d’un certain rajeunissement du marché de l’art.

évolution indice rapport FR

Les acheteurs se montrent de plus en plus enclins à miser sur leurs contemporains, y compris sur de jeunes artistes – parfois encore dans la vingtaine – pourvu que ceux-ci montrent un très bon pedigree. Les prix peuvent allègrement doubler en deux ou trois ans pour les nouvelles stars de l’art contemporain. Le segment très haut de gamme est porté par une poignée d’acteurs américains, européens, asiatiques, mais aussi issus du Moyen-Orient, d’Amérique latine et de Russie. Par ailleurs, le marché s’élargit chaque année, porté par le développement des ventes en ligne de manière exponentielle. Le nombre de clients à travers le monde est en pleine croissance : les plus prestigieuses maisons reçoivent des inscriptions des participants aux ventes aux enchères sur internet depuis près de 200 pays, une mondialisation rendue plus facile encore avec l’Internet mobile. Ce nouveau paradigme économique de l’Internet mobile est irréversible tout comme l’est l’arrivée très récente des «Silver surfeurs» que sont les plus de 50 ans, amateurs et collectionneurs d’art, à haut pouvoir d’achat et principaux utilisateurs et acheteurs qui font désormais d’Internet leur terrain de prédilection pour la recherche d’œuvres d’art dans le monde. Pour cela, ils utilisent principalement des tablettes et smartphones à grand écran qui correspondent parfaitement à leurs cultures de Seniors. Le P.C. représentait pour eux, une vraie barrière psychologique pour accéder à Internet et donc aux Maisons de Ventes. Les derniers chiffres des bureaux d’études en 2015 indiquent que les 50 ans CSP+ sont ceux qui se connectent désormais le plus massivement à l’Internet mobile.

Un objectif majeur des grandes enseignes est de se maintenir au plus haut niveau, d’accroître les volumes d’affaires et de travailler sur les nouveaux marchés. Dans cette optique, Christie’s et Sotheby’s continuent de tisser leur toile en Asie : après Hong Kong où sont installées les deux firmes rivales, Shanghai (Christie’s) et Pékin (Sotheby’s), Christie’s a tenu sa seconde vente à Bombay en décembre 2014. Elle y enregistrait un honorable chiffre d’affaires de 12 m$ (frais inclus) en vendant 90% des lots offerts, dont 70% au-dessus des estimations. Ces ratios très positifs prouvent combien le marché indien est demandeur. Entre l’expansion géographique du marché, les facilités techniques offertes par Internet, l’accroissement permanent du réseau des grandes sociétés de ventes, la financiarisation du Marché de l’Art, le taux d’intérêt étant historiquement proche de zéro, la légitimation du statut social via l’acquisition de telle œuvre, la médiatisation et… l’amour de l’art, toutes les conditions sont réunies pour que les niveaux de prix croissent encore. Enfin, la transparence du Marché de l’Art permet, notamment grâce à Artprice ou Artron (en Asie) qui délivrent plusieurs milliards de requêtes par an, de contribuer à donner la confiance aux acteurs qui n’avaient jusque-là que de simples livres de cotes de l’année en cours. Enfin, le XXIème siècle voit s’incarner l’industrie muséale comme un véritable segment économique, bâti par la pionnière Peggy Guggenheim et conceptualisé bien avant par le «Musée imaginaire» de Malraux. En effet, le Musée est cette cathédrale des temps modernes où se croisent désormais toutes les générations et milieux sociaux dans la recherche de la singularité qu’offre l’œuvre d’art face à la normalisation de tous les biens.

Les chiffres donnent le vertige. Il s’est créé plus de musées entre 2000 et 2015 que durant tout le XIXème et XXème siècle. Il s’ouvre actuellement, en particulier dans la Grande Asie, un musée par jour et l’on parle désormais d’«Industrie muséale» et de «Tourisme muséal». La migraine du conservateur (lié à une collection immuable), propre au XIXème siècle, est désormais éteinte. Le dernier mot revient à Malraux et son «Musée imaginaire». Ce visionnaire hors normes avait déjà écrit que le musée du XXIème siècle serait le lieu unique de tous les arts, où convergeraient toutes les cultures et générations, le musée selon lui a imposé au spectateur une relation toute nouvelle avec l’Oeuvre d’Art. Cette industrie muséale est bien évidemment l’un des facteurs primordiaux de la croissance spectaculaire du Marché de l’Art.

wang jie et t fr

Il ne faut pas oublier la règle qu’un musée a besoin d’un minimum de 3 000 à 4 000 œuvres de qualité muséale, pour être crédible. Au regard des projets sur les différents continents, le Marché de l’Art a encore une nette croissance assurée car le Musée, par nature, achète pour constituer sa collection et n’a pas vocation de se défaire de ces acquisitions.”

thierry Ehrmann et Wan Jie

L’intégralité du Rapport Marché de l’Art  mondial 2014 sera en ligne dès le 3 Mars 2014

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