Marché de l’Art : Paris Photo : panorama

Paris Photo : panorama

La photographie entretient un lien privilégié avec sa patrie d’origine, son pays de naissance. Chalon-Sur-Saône, Louis Daguerre, Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson : autant de noms qui lient à jamais le huitième art à la France. Et ce n’est certainement pas une coïncidence si les grands maîtres, à l’instar de Man Ray, Edward Steichen, Brassaï ou encore André Kertèsz, se sont rendus en pèlerinage dans l’Hexagone et s’y sont si souvent installés.

Aujourd’hui encore, la France continue de s’imposer comme l’une des grandes capitales de la photographie. De nombreux lieux lui sont consacrés, parmi lesquels le Jeu de Paume évidemment, mais aussi la Maison Européenne de la Photographie ou encore le B.A.L. (nouvel espace-projet présidé par Raymond Depardon) et puis bien sûr les rencontres d’Arles en été et Paris Photo en automne.

Pour sa 18ème édition, qui se tient du 13 au 16 novembre au Grand-Palais, Paris Photo rassemble les clichés de 1 230 artistes, une palette aussi large que nuancée, qui promet à la fois de grandes couleurs saturées et de petits tirages en noir et blanc, de très vieux noms, mais aussi de tout nouveaux.

Artprice.com, leader mondial de l’information sur le marché de l’art, vous propose une visite guidée de la foire, passant en revue une liste de photographes qui en disent long sur les tendances et les attentes des collectionneurs. Une manière également de chercher à comprendre le fonctionnement d’un marché qui peine encore à rivaliser avec la peinture et la sculpture.

La photographie ne représente en effet pas même 2 % du produit de ventes totales du marché de l’art (selon les résultats des ventes aux enchères publiques) et seulement 3,5 % du nombre de transactions. C’est que les ventes d’œœuvres photographiques ne parviennent pas à décoller et les prix sont encore loin des sommets atteints par la peinture ou la sculpture. Une réalité qui doit en partie être expliquée par une caractéristique  intrinsèque au médium : sa reproductibilité. L’existence de plusieurs instances identiques d’une seule et même œoeuvre affaiblit forcément la concurrence et freine l’élan spéculatif.

évolution prix photo

Ainsi, seulement 38 photographies ont dépassé le seuil symbolique du million d’euros aux enchères. Parmi les 11 artistes qui ont réussi cet exploit, une grande majorité sera exposée au sein de Paris Photo, à commencer par Andreas Gursky, Richard Prince et Cindy Sherman, les leaders incontestables du marché. Des œœuvres de Gilbert & George, Edward Steichen, Albert Stieglitz et Hiroshi Sugimoto seront également proposées. Des 11 photographes millionnaires ne manqueront cette édition que Jeff Wall, Mike Kelley, Edward Curtis et… Jeff Koons.

Le plasticien américain, auquel le Centre Pompidou consacre une rétrospective à partir du 26 novembre, n’est pas à proprement parlé un photographe, mais ses œœuvres affolent généralement les prix et l’unique exemplaire de sa light box intitulée « The new Jeff Koons » (1980), adjugée à plus de 6 millions d’euros le 14 mai 2013 chez Sotheby’s New York, détient le record de la plus haute enchère pour une photographie.

On peut également s’étonner que le canadien Jeff Wall, le maître des caissons lumineux, ne sera pas non plus exposé cette année. Ses oeœœuvres se font rares sur le second marché. En 2014, quatre de ses photographies seulement ont été proposées en ventes publiques, dont deux qui ne furent pas vendues…

En règle générale, la préférence des collectionneurs va aujourd’hui aux très grands formats. Il semble que plus imposant soit le tirage, au plus il est apprécié. Est-ce un hasard si en 1999, Andreas Gursky agrandit sa photographie du Rhin, et que « Rhein II » (207 x 385.5 cm) soit à présent estimée deux fois plus chère que la précédente version ?

Paris Photo, avec 1 230 artistes exposés, ne se limite toutefois pas à ces œœuvres monumentales mais revisite nombre de courants et d’influences. Les travaux mythiques de Walker Evans, Laszlo Moholy-Nagy, Jacques Henri Lartigue se mêleront dans le Grand Palais à ceux, multiples et variés, de leurs dignes successeurs. Les visiteurs croiseront les photos ‘porno-chic’ d’Helmut Newton, de Pierre & Gilles et de David Lachapelle ; ils admireront quelques provocations de l’italien Maurizio Cattelan, de l’américain Terry Richardson ou encore du japonais Nobuyoshi Araki ; ils se heurteront aussi à des artistes profondément engagés, conduits par Aï Weiwei et Alfredo Jaar.

En somme, Paris Photo rassemble tout le huitième art. Il y aura donc heureusement de nombreuses présences féminines, dont celles de Sally Mann, de Sibylle Bergmann ou encore d’Annie Leibovitz. Les étoiles montantes de la photographie pourront également y être admirées, comme le français JR (1983) qui connaît une année exceptionnelle avec déjà 18 lots passés aux enchères, comptabilisant pour plus de 190 000 EUR.

évolution ventes aux enchères photos

On y rêvera d’acquérir les artistes que l’on a pu admirer tout au long de l’année : Vik Muniz à Arles, Raymond Depardon au Grand Palais, Marcel Duchamp au Centre Pompidou, Oscar Munoz, Garry Winogrand et Matthieu Pernot au Jeu de Paume. Si bien que Paris Photo se découvre en quelque sorte l’apothéose de cette année culturelle 2014.

évolution photo dans le marché de l'art

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